Créer une table de géocodification personnalisée sur Covadis

Quelle est la meilleure méthodologie pour créer une table de géocodification personnalisée et efficace dans Covadis, que ce soit dans un cadre pédagogique pour des étudiants ou pour standardiser les levés topographiques d’une entreprise ?

La création d’une table de géocodification personnalisée est un processus stratégique qui conditionne l’efficacité du traitement des levés topographiques. Voici une méthodologie experte, structurée en étapes, pour construire un système de codification robuste et adaptable.

Étape 1 : Analyse des besoins et inventaire terrain

Avant de créer des codes, il est crucial de définir ce qui doit être levé. Cette approche pragmatique est aussi une excellente base pédagogique.

  1. Lister les objets : Répertoriez les éléments couramment rencontrés sur le terrain (revêtements, bordures T1/T2/P1, talus, murs, réseaux, mobilier urbain, végétation, etc.).
  2. Définir le niveau de détail : Pour chaque objet, déterminez les informations nécessaires. Un réseau nécessite-t-il juste son tracé, ou aussi le type (EU, EP), le diamètre, la profondeur (fil d’eau) ?
  3. Intégrer la 3D : Pensez dès le départ à la gestion des altitudes. Distinguez les points qui doivent appartenir au Modèle Numérique de Terrain (MNT) de ceux qui ne le doivent pas (ex: faîtage de toiture, points levés sans prisme sur des objets en hauteur).

Étape 2 : Structuration de la table de codes

Une fois les besoins définis, la structure de la codification doit être logique, simple et compatible avec les équipements de terrain.

  1. Privilégier les codes numériques : Un système 100% numérique est universel et compatible avec la majorité des stations totales et carnets de terrain, évitant les erreurs de saisie et les problèmes de compatibilité.
  2. Utiliser des séparateurs de codes : Pour affecter plusieurs informations à un seul point topographique, configurez un séparateur de code dans Covadis (via Covadis 2D > Configuration > Table de codes). Un caractère peu courant comme Z, ! ou . est recommandé.
    • Exemple : Un point peut être codé 101Z505Z802 pour signifier « Point TN » (101) + « Haut de talus » (505) + « Début de ligne » (802).
  3. Gérer le linéaire : Adoptez une convention pour le dessin des polylignes. Par exemple, un code de base pour l’objet (ex: 34 pour bord de chemin) suivi d’un suffixe de commande.
    • 340 : Début de polyligne
    • 341 : Point intermédiaire (segment droit)
    • 342 : Début d’arc
    • 343 : Point sur arc
    • 344 : Fin d’arc
  4. Optimiser pour le terrain : La liste de codes doit être concise et tenir sur une fiche A5 plastifiée pour une consultation rapide sur le terrain.

Étape 3 : Gestion des cas spécifiques et bonnes pratiques

  1. Points hors MNT : La meilleure pratique n’est pas de fausser l’altitude Z (ex: hauteur de prisme à 100m). Créez plutôt un code spécifique (ex: 999 - POINT HORS MNT) qui, dans la table d’interprétation, placera le point topographique (TCPOINT) sur un calque dédié (ex: GEX-PT-NON_MNT) qui sera ensuite exclu lors du calcul du MNT. L’intégrité de l’altitude est ainsi préservée.

  2. Objets à attributs multiples : Pour coder un objet avec plusieurs informations (ex: un arbre avec son essence et son diamètre), Covadis a des limites. La solution la plus efficace est d’utiliser les séparateurs :

    • Exemple : 51.DIAM50.CHENE. Dans la table de codes, 51 insère le symbole de l’arbre, DIAM50 insère un cercle de 0.50m de diamètre, et CHENE insère un texte. Cela nécessite une configuration minutieuse de la table.
    • Certains appareils (ex: Leica) permettent de saisir des attributs qui peuvent être récupérés, mais cela dépend du format d’export (.gsi) et de la configuration de l’importateur Covadis.
  3. Adaptation aux chartes graphiques : La codification terrain doit rester stable et indépendante des clients. L’adaptation à une charte graphique spécifique (collectivité, entreprise) se fait uniquement dans la table d’interprétation des codes de Covadis (.gco), en modifiant les calques, couleurs, symboles et types de ligne associés à chaque code, sans jamais changer la méthode de levé.

En suivant cette démarche, vous construirez un système de géocodification qui non seulement automatise la production de plans, mais qui est également évolutif, facile à apprendre et à maintenir.