Résoudre les écarts de calcul de polygonale en tunnel sur Covadis

Lors du calcul d’une polygonale en tunnel (cheminement en antenne) avec Covadis, j’obtiens des écarts de 2 à 3 centimètres par rapport aux résultats d’un collègue utilisant Mensura, bien que nous partions du même fichier de mesures brutes (GSI). Quelle est la cause de ces différences et comment configurer Covadis pour obtenir un calcul correct, notamment concernant les corrections d’altération linéaire (PPM) ?

L’écart de plusieurs centimètres observé entre les calculs de Covadis et Mensura pour une même polygonale provient très probablement d’une double application des corrections d’altération linéaire (liées à la projection et/ou aux conditions atmosphériques PPM).

Voici la démarche méthodique pour diagnostiquer et corriger le problème :

Étape 1 : Diagnostic de la double correction

Le principe fondamental en topographie est d’appliquer les corrections une seule fois. Le problème survient lorsque la correction est appliquée à la fois sur le terrain (dans l’appareil) et au bureau (dans le logiciel).

  1. Vérification sur le terrain : Confirmez si les corrections PPM (Parties Par Million) basées sur la température/pression et/ou le facteur d’échelle de la projection (par exemple, Lambert 93) ont été appliquées directement par le tachéomètre lors de la mesure. Si c’est le cas, les distances enregistrées dans le fichier GSI sont déjà des distances réduites à la projection.

  2. Vérification dans Covadis : Dans les paramètres de calcul de Covadis (menu Covadis Calculs > Calcul en bloc réseau ou similaire), vérifiez si un système de projection est activé. La sélection d’un système comme « Lambert 93 » ordonne à Covadis d’appliquer sa propre correction d’altération linéaire en fonction des coordonnées moyennes du chantier.

Si les deux sont actifs, vous appliquez la correction deux fois, ce qui génère des écarts significatifs, surtout sur les longues polygonales.

Étape 2 : Méthode de résolution

Il existe deux approches correctes, mais une seule est recommandée comme bonne pratique.

Solution A : Méthode recommandée (Contrôle au bureau)

Cette méthode offre la meilleure traçabilité et le meilleur contrôle.

  1. Sur le terrain : Configurez l’appareil de mesure pour qu’il n’applique aucune correction d’altération linéaire. Le facteur d’échelle (Scale) doit être à 1.000000 et les PPM à 0. Les distances enregistrées sont alors des distances brutes, réduites à l’horizontale.
  2. Dans Covadis : Lors du calcul, sélectionnez le système de projection approprié (ex: Lambert 93). Covadis appliquera alors l’unique et correcte correction d’altération linéaire sur les distances brutes importées.

Solution B : Solution de contournement (si les données sont déjà corrigées)

Si vos mesures de terrain ont déjà été corrigées et que vous ne pouvez pas les refaire.

  1. Sur le terrain : Les données du fichier GSI contiennent des distances déjà corrigées.
  2. Dans Covadis : Dans les paramètres de calcul, vous devez impérativement désactiver toute correction logicielle. Pour cela, choisissez un système de coordonnées « LOCAL » ou « Sans projection ». Covadis considérera alors les distances comme étant finales et n’appliquera aucune altération supplémentaire.

Points de vigilance et bonnes pratiques

  • Direction de l’écart : Un écart principalement dans l’axe du cheminement est un symptôme typique d’un problème d’altération linéaire. Un écart perpendiculaire suggère plutôt un problème d’orientation (V0, calage), mais peut aussi être une conséquence d’un calcul faussé.
  • Calcul en bloc : Pour une polygonale en antenne (ouverte et non fermée), il n’y a pas de données surabondantes. L’utilisation d’une compensation par moindres carrés (souvent sous-jacente au « calcul en bloc ») n’apporte pas de plus-value par rapport à un calcul de cheminement classique.
  • Topographie souterraine : Ce domaine est spécifique. Pour contrôler la dérive en orientation inhérente aux longues polygonales en tunnel, les bonnes pratiques incluent l’utilisation d’un gyroscope pour recaler périodiquement l’azimut et/ou la réalisation de polygonales doubles en quinconce pour un contrôle mutuel.